Pigments

mots empruntés

parce que

le 10/01/2007 à 13h47
Celui qui croyait au ciel
Celui qui n’y croyait pas
Tous deux adoraient la belle
Prisonnière des soldats
Lequel montait à l’échelle
Et lequel guettait en bas

Celui qui croyait au ciel
Celui qui n’y croyait pas
Qu’importe comment s’appelle
Cette clarté sur leur pas
Que l’un fût de la chapelle
Et l’autre s’y dérobât

Celui qui croyait au ciel
Celui qui n’y croyait pas
Tous les deux étaient fidèles
Des lèvres du coeur des bras
Et tous les deux disaient qu’elle
Vive et qui vivra verra

Celui qui croyait au ciel
Celui qui n’y croyait pas
Quand les blés sont sous la grêle
Fou qui fait le délicat
Fou qui songe à ses querelles
Au coeur du commun combat

Celui qui croyait au ciel
Celui qui n’y croyait pas
Du haut de la citadelle
La sentinelle tira
Par deux fois et l’un chancelle
L’autre tombe qui mourra

Celui qui croyait au ciel
Celui qui n’y croyait pas
Ils sont en prison lequel
A le plus triste grabat
Lequel plus que l’autre gèle
Lequel préfère les rats
 
Celui qui croyait au ciel
Celui qui n’y croyait pas
Un rebelle est un rebelle
Nos sanglots font un seul glas
Et quand vient l’aube cruelle
Passent de vie à trépas

Celui qui croyait au ciel
Celui qui n’y croyait pas
Répétant le nom de celle
Qu’aucun des deux ne trompa
Et leur sang rouge ruisselle
Même couleur même éclat
 
Celui qui croyait au ciel
Celui qui n’y croyait pas
Il coule il coule et se mêle
A la terre qu’il aima
Pour qu’à la saison nouvelle
Mûrisse un raisin muscat

Celui qui croyait au ciel
Celui qui n’y croyait pas
L’un court et l’autre a des ailes
De Bretagne ou du Jura
Et framboise ou mirabelle
Le grillon rechantera
Dîtes flûte ou violoncelle
Le double amour qui brûla
L’alouette et l’hirondelle
La rose et le réséda.
 
 
LOUIS ARAGON
 
 
 
 
Il y a des textes que j'aime, il y a celui-là. Aujourd'hui, je vous le dépose ici. Pour mon plus grand plaisir, LA TORDUE l'a mis en musique  .

en ce moment...

le 19/12/2006 à 21h34

LA VIE EST UNE PUTAIN

Ta peau se crispe sous ses doigts
Tu regrettes déjà, mais tu ne peux pas
Lui dire que tu ne pourras jamais
Lui faire croire que tu vas l’aimer
Il brûle ton corps de ses efforts
Il s’enivre de cette petite mort
Tu t’imagines dans d’autres bras
Tu fermes les yeux et tu y crois

Tu vois les minutes qui s’égrainent
Tu voudrais lui hurler ta haine
Oublier la honte de vos corps
Souillés par l’erreur et les torts
Tu caresses sa peau humide
Tes yeux de leurs larmes se vident
Ça le rend fier et tu suffoques
Tu désespères et il s’en moque

La vie est une putain
Qui nous prend par la main
La vie est une putain
Qui n’attend pas demain

Tu voudrais perdre les raisons
Et tu ignores même leur nom
Tu te fais mal à en aimer
Vouloir toujours recommencer
Et quand tu t’endors c’est fini
Tu te confines à ton oubli
Et quand tu t’endors c’est ta vie
Qui recommence près de lui

Le jour se lève sur vos vies
Un peu plus usées aujourd’hui
La nuit s’achève et Dieu merci
Elle a su le prendre avec elle
Tu marches dans les rues étroites
La tête haute, la tête droite
Tu sauras l’attendre s’il le faut
Tu sauras oublier tes mots

Joseph d'Anvers


Ptit coup de coeur du moment (cf nos jours heureux quatre articles plus bas.) Les morceaux sont très très sympas, et la voix mmh.

Pour virevolter sur son site c'est ici, on peut écouter l'album (enfin des ptits bouts)

Moi suis épuisée et léthargique alors ça me va comme musique. Trop besoin de vacances, je demande une carcasse neuve pour noël. Puisse le barbu botté être charitable...


j'aiiiiiiiiiime

le 14/12/2006 à 19h12

AU SUIVANT

Tout nu dans ma serviette qui me servait de pagne
J'avais le rouge au front le savon à la main
Au suivant, au suivant
J'avais juste vingt ans et nous étions cent vingt
A être le suivant de celui qu'on suivait
Au suivant, au suivant
J'avais juste vingt ans et je me déniaisais
Au bordel ambulant d'une armée en campagne
Au suivant, au suivant

Moi, j'aurais bien aimé un peu plus de tendresse
Ou alors un sourire ou bien avoir le temps
Mais au suivant au suivant
Ce ne fut pas Waterloo mais ce ne fut pas Arcole
Ce fut l'heure où l'on regrette d'avoir manqué l'école
Au suivant, au suivant
Mais je jure que d'entendre cet adjudant de mes fesses
C'est des coups à vous faire des armées d'impuissants
Au suivant, au suivant

Je jure sur la tête de ma première vérole
Que cette voix depuis je l'entends tout le temps
Au suivant, au suivant
Cette voix qui sentait l'ail et le mauvais alcool
C'est la voix des nations et c'est la voix du sang
Au suivant, au suivant
Et depuis chaque femme à l'heure de succomber
Entre mes bras trop maigres semble me murmurer
Au suivant, au suivant

Tous les suivants du monde devraient se donner la main
Voilà ce que la nuit je crie dans mon délire
Au suivant, au suivant
Et quand je ne délire pas j'en arrive à me dire
Qu'il est plus humiliant d'être suivi que suivant
Au suivant, au suivant
Un jour, je me ferai cul-de-jatte ou bonne sœur ou pendu
Enfin un de ces machins où je ne serai jamais plus
Le suivant, le suivant

BREL

 



Un état d’esprit que j’aime avec une adaptation de barrés… Aaaahhh


Paysage intérieur

le 07/12/2006 à 19h50

 

Nos jours heureux

Tu souris à me voir me perdre
Me retrouver si bas
Tu aimerais voir les jours heureux
S’arrêter sous ton toit

J’ignore, je le sais
Ce qui me fait rester
Tu ignores, je le sais
Qu’on peut mourir d’aimer

C’est ainsi que la vie parfois
S’évapore sous nos pas
Qu’elle se consume sans qu’on la voit
De nous laisser crever là

Alors à chaque nuit qui passe
Je les revois encore
Ces jours heureux qu’on avait là
Quand on s’aimait si fort


Joseph d’Anvers

 

 

J'aime tout, la chanson, l'album, la voix, le clip, l'atmosphère, cette mélancolie qui m'étreint. Tiens, elle garde au chaud...


 


 


 


 


et puis ça aussi...


Chariots Of The Gods                               Reproduction artistique par Asha Menghrajani


Chariots of the God - Asha Menghrajani

 

Le titre, les couleurs puis les sensations...

une direction

le 03/12/2006 à 16h26

 

Boulders On Reproduction artistiquePhoto: Boulders on

 

 

L’ESPACE

Je suis venu te dire
Qu’y a pas beaucoup d’avenir
Qu’un petit futur, tout petit futur
Dans ce vrai désert

Je suis venu te dire
Qu’on a plein de choses à s’dire
Tout autant à faire
Cet hélicoptère
Moi, il n’m’fait pas peur

Je suis venu te dire
Un décor en hauteur
Et haut en couleur
C’est fou ce qu’il m’attire
Ce grand ascenseur

Je suis venu t’offrir
Un ticket pour ailleurs
Ce billet d’retour
C’est pour tout à l’heure

Je veux reprendre place
Là, où l’on s’était caché
Tout là-haut dans l’espace
N’est-ce pas ?
On s’était allongé
Et, je veux reprendre ma place
Là, où je l’avais laissée
Là, où on s’était caché

Ce matin j’ai vu l’avenir
Il nous fait un sourire
M’a chargé de t’dire
Qu’il fallait rev’nir
Qu’on devrait revenir

J’aimerais réinscrire
Sur la carte du ciel
Ton joli sourire
Plus haut que Babel


Je veux reprendre place
Là, où l’on s’était caché
Tout là-haut dans l’espace
N’est-ce pas ?
On s’était allongé
Et, je veux reprendre ma place
Là, où je l’avais laissée
Là, où l’on s’était caché

Là, où l’on s’était fâché

Je suis venu te dire
Non pas que je m’en vais
Ni que tu m’en as trop fait
Ni que je suis au regret
Ni que je suis au regret

Je suis venir tenir
Mon discours sur l’Amour
Il n’fait plus mon affaire
Ce petit détour

Je veux reprendre place
Là, où l’on s’était caché
Tout là-haut dans l’espace
N’est-ce pas ?
On s’était allongé
Et, je veux reprendre ma place
Là, où je l’avais laissée
Là, où l’on s’était caché

Je veux reprendre ma place…

MATHIEU BOOGAERTS

 

version originale de Mathieu Boogaerts

version de Da Silva et de Bastien Lallemant

©2006 - Bloxode.com est un service gratuit de Lexode.com - Prévenir d'un abus - Conditions d'utilisation