Pigments

Elixir

le 26/10/2006 à 11h53

Il y avait bien longtemps...

hum...tantrisme??

le 21/10/2006 à 11h49

Adossée contre un mur
Confinée dans une pièce obscure
Elle veut connaître sa vraie nature

Les yeux mi-clos peut-être fermés
La respiration éthérée
Son cœur est à l’arrêt

Face à ce maître qui la pacifie
Elle canalise son énergie
En disciple asservie

Ce contact autant solide qu’indicible
Est un lien indéfectible
De l’amour le plus pur la voilà cible

Eveillant ses sens.
Par la semi conscience
Elle acquiert la Connaissance

Elle est maintenant hors d’elle
Empreinte de sensations nouvelles
Et aspirant à la paix éternelle

² Mayasuperstar ²

Souvenirs...

le 14/10/2006 à 14h37

La joie l’étreint, la propriété des sitelles est à vendre.
Il sera le premier à s’y rendre et à y pénétrer.

Rien n’a changé, la clef du portillon est toujours là,
A quatre pas derrière le saule centenaire,
A même la mousse et protégée par le gros galet.
Il s’en saisit et la caresse du bout des doigts.

Devant la barrière, il hésite, il fait tourner la clef
Et en reconnaît le bruit familier et métallique.
Il entre, il revoit l’immense allée
Et la fontaine aux propriétés magiques.

Il n’a rien oublié, pas même les odeurs et les bruits,
De ce lieu particulier qu’il a tant chéri.
Il se souvient des tilleuls, du bruissement du vent,
Du ruisseau et de son rire,
Des glycines, aux effluves entêtantes,
Qui s’entrelaçaient le long de la treille,
Des fauteuils en rotin où il aimait tant écrire,
Des petits sablés à la cannelle…


Il s’approche du perron et il la vit,
Elle, ses cheveux dénoués qui embrassaient son visage,
Sa peau laiteuse qu’il devinait sous son corsage
Et ses yeux priant qu’avec gourmandise, il la dévêtît.

Au bout de ses lèvres, s’est installé un sourire,
Une simple visite ici, et le voilà, à nouveau charmé.
Il considère alors, combien certains souvenirs
Sont parfois tellement prégnants qu’ils ne s’altèrent jamais.


² Mayasuperstar ²

 

 

 

En quete

le 08/10/2006 à 14h23
En quête du bon…
 
Et soudain alors je ne le soupçonnais pas,
Tu ne me convenais plus. C’est arrivé, comme ça.
A cet instant précis, j’ai eu la conviction
Que tout passait alors au second plan,
Enfin tout, sauf moi
Pourquoi me suis-je empêchée d’avoir le choix ?
Pourquoi me suis-je laissée aller à une vie plan-plan,
Une existence raisonnable et sans passion ?
 
En quête du bon moment
 
La situation est devenue inextricable,
Et moi, une petite amie bien passable.
Il est grand temps de prendre les devants
Et de déterminer le bon moment.
Des centaines de fois, j’ai eu l’occasion
De faire dériver la discussion
Mais le doute m’assaille, si tu étais à ma place
Prendrais-tu des gants ?
N’envisagerais-tu pas de me quitter, sans classe,
Là, tout de suite maintenant ?
 
En quête du bon endroit
 
Que je produise un discours pensé et travaillé
Ou seulement quelques mots bredouillés,
Il serait judicieux de ne pas paniquer
Où trouver la force et la prestance pour bien parler
Quand il faut terminer une relation ? 
Je dois trouver un lieu plaisant voire enjoué,
Pour espérer que la pilule soit avalée.
Au téléphone, dans un café ? 
Par le balcon, sur le pallier ?
Je prendrais bien l’avion…
 
En quête du bon mot
 
Pour exprimer le fond de ma pensée
J’ai dans l’idée que je dois renoncer
A délayer, assaisonner ou encore saupoudrer
En effet, les mots ont un pouvoir étrange
Chacun a un sens bien étudié
Et ils ne souffrent pas que l’on les interchange
Ils peuvent sans prévenir
Etre approximatifs et nous meurtrir
Aussi, autant les utiliser avec précaution
Avec justesse et précision
 
En quête de loi
En quête d’endroit
En quête de droit
En quête de foi
En quête de toi
Et en quête de soi
 


² Mayasuperstar ²

"Enfant, tu avais des rêves..."

le 01/10/2006 à 15h00

 

 

Une nuit sans lune, à l’heure où le silence a installé ses quartiers et où tout le monde dort sous une chape de plomb, un cri déchire le ciel.
Puis, plus rien.
Surgit, alors de nulle part, une lueur hésitante, celle d’une lampe de poche vraisemblablement. Elle se rapproche en tressautant. Un jeune garçon, d’une dizaine d’années tout au plus, fait son apparition. Il court à perdre haleine à travers bois. Il atteint bientôt la forêt, jette un coup d’œil derrière lui, réfléchit un quart de seconde et s’y engouffre brusquement. Des arbres imposants, tordus et menaçants se dressent devant lui et constellent l’espace. L’enfant, en pleine maîtrise de son corps, zigzague entre les fougères drues qui lui montent à la taille.
Si l’on tend l’oreille, on peut discerner les bruits sourds de la nuit. Des chats-huants brassent l’air opaque et le vent, farceur à ces heures, sifflote lugubrement. Le silence oppressant, orchestre le tout et entrecoupe le concerto. Des moments que l’on redoute, que l’on évite et que l’on associe souvent à des signes funestes ; peut-être à juste titre.
Jonas traverse une forêt hostile, de toute la force de sa volonté. Il se débarrasse d’un revers de la main des branchages qui lui lacèrent les bras et le visage, il fait des bonds pour éviter les infractuosités, il escalade les talus, saute à pieds joints dans les feuilles mortes, sa torche toujours au poing. Et étonnamment, il ne rompt pas la cadence. Une sorte de mépris pour les habitants du lieu qui sont familiers des cris, des pleurs et des genoux qui s’entrechoquent. L’enfant, imperturbable et décidé poursuit son chemin dans les fourrés. A le voir se déplacer aussi vite, on s’interroge. En effet, il atteint maintenant une vitesse vertigineuse, pourtant il n’a que 9 ans. A le voir ainsi, on pourrait le croire poursuivit par le Diable. Courir à une heure indue, en ce lieu et à cette allure, c’est troublant. Si l’on regarde Jonas avec attention on peut voir qu’il transpire abondamment. Mais ce n’est pas seulement l’effort car son regard montre l’empreinte indélébile de la peur. Là, c’est de la vrai peur qu’il s’agit, celle qui vous glace et vous tétanise, celle qui vous donne un goût de fiel dans la bouche et vous fait suer les paumes, celle qui vous coupe le souffle et vous mouille l’échine. Oui, celle-là même que l’on compare à de l’effroi, à de l’épouvante ou de la terreur. Elle s’est emparée de l’enfant mais ne l’a pas tué. Une sorte sursis. La course de Jonas confirme l’analyse. Elle est troublante, rapide mais saccadée. Plus rien ne semble avoir d’existence autour de lui, ni la végétation, ni les animaux. Il n’y a que lui et sa peur qui lui offre, pernicieuse, des ailes et une énergie qui semble inusable.
Mais cela ne suffira pas, derrière lui, la menace avance. Elle revêt l’apparence d’une ombre noire, malfaisante et vaporeuse dont on ignore la consistance. Elle se rapproche inexorablement. Fait étrange et inexplicable, bien qu’elle flotte sans précipitation, elle gagne du terrain encore et toujours. A quelle fin ? On le devine, le gamin perçoit lui aussi le danger qui surgit dans sa chair, qui l’étreint et l’asphyxie. Dans un dernier sursaut, il accélère le pas. On n’eut jamais cru ça possible. On perçoit que c’est la dernière ligne droite, celle avant qu’il succombe et qu’il s’offre sans résistance.
Un rire sardonique résonne alors dans la forêt, le symptôme que le piège se referme. Comment faire plus précipité, Jonas offre déjà des signes de renoncement. La masse expose alors, son regard émeraude, translucide et son sourire diabolique. Elle est effrayante, la réalité surpasse l’imagination et coupe le souffle. L’enfant bravant sa peur une dernière fois, se retourne et regarde la méphistophélique substance. Un instant suffit pour qu’il vive à nouveau le goût de fiel dans la bouche, la sueur froide le long des reins, de la nuque puis des paumes, les tremblements incontrôlables et la respiration qui s’amenuise. Il recule, trois pas lui suffisent pour heurter le tronc d’un arbre centenaire. C’est la fin.
L’autre qui sait que sa victoire est imminente s’offre le plaisir de la capitulation. Quel délicieux moment, le seul où une onde de chaleur l’habite. Il approche encore, il n’est plus qu’à quelques centimètres…

²²²

 

« Enfant, tu avais des rêves… HAHAHAHAHAHAHAHAHAHAHAHAH AHAHAHAHAHAAHAAHAHAHAH AHAHAHAHAHAHAHAHAHHA …. »,
dit-il d’une voix d’outre-tombe.

²²²

 

Le rire interminable est remplacé par un deuxième cri s’échappant de la bouche de Jonas. Tiens, ça ne résonne pas ? Maman ouvre la porte précipitamment. Les cheveux en bataille, elle enlace son enfant et lui promet que ce n’est qu’un mauvais rêve. Elle le berce doucement et l’apaise de sa voix. Son odeur qu’il aime tant, l’apaise tellement qu’un sourire s’esquisse sur ces lèvres, demain il aura 10 ans. Il passe une main dans ses cheveux, mais qu’est-ce que c’est ? Une brindille séchée ? Alors, le doute l’envahit et s’installe …

² Mayasuperstar ²

©2006 - Bloxode.com est un service gratuit de Lexode.com - Prévenir d'un abus - Conditions d'utilisation