Pigments

Je prends la plume

le 02/12/2006 à 19h54

Défi Tertulia sur extrait d'une chanson des Louise: la plume. Il me plaît car il permettait tout ;)

 

 

Dans une alcôve sombre, un homme passe le bout de ses doigts sur un secrétaire en noyer. Il caresse le bois vermoulu ; peut-être lui demande-t-il de révéler son histoire. Devant lui, une vieille Remington poussiéreuse a élu domicile, elle enserre encore une feuille de papier. Les consoeurs de cette dernière, éparses semblent former un manuscrit. L’homme s’en saisit et les rassemble méticuleusement.

²²²


j'te donne la plume pour qu'tu dessines
la plus belle ville que t'aies connue
le plus bel hymne que t'aies voulu
j'te donne la plume
moi j'en veux plus
j'te donne la plume pour savoir vivre
parler, écrire et danser
pour rester ivre, bien éveillé
j'te donne la plume…

²²²

Ne sois pas cruel, je ne veux pas jouer. Si c’est une plaisanterie, sache qu’elle est vraiment de mauvais goût. Je connais ton sens de l’humour, il me désole.
Non ! Vraiment ? Je peux ? Voilà, j’ai la plume, je décide ? Merci.

Quel imbécile tu fais, comme si j’allais te la rendre ! Ton erreur te sera fatale. JE SUIS LE SEIGNEUR DU CHATEAU ! AHAHAHAHAHAHAH ! Je maîtrise tout :
les caractères, l  e  s    e   s   p   a   c   e   s, le contenu, ma vie et la tienne. Il me plaît d’être omniscient et omnipotent. J’ai de l’ascendance sur toi. Savais-tu que ce désir sommeillait en moi ? Je pense et tout s’exécute. Il n’y a que moi, moi, moi encore moi toujours moi ! Des choses vont changer sois-en assuré, à commencer par…
Mais j’oublie toute forme de politesse. Pour ceux qui découvriraient cette feuille, je veux laisser un message. Je me présente : je suis le nouvel auteur, Théotime Domestos. Oui je sais, j’ai un prénom débile et un nom qui ne l’est pas moins mais le responsable, c’est lui. L’être de papier que je suis, le héros de son cinquième roman inachevé a désormais la plume et il entend bien s’en servir.
Permettez que je vous en dise un peu plus sur mon géniteur. Ses hauts faits sont loin d’être méconnus, c’est un piètre écrivain. Michel, voyons oublie ton sourire figé, nous sommes entre nous et mon affirmation est de notoriété publique. Je suis aigri me direz-vous. Ne me jugez pas hâtivement, entendez mes confidences. Saviez-vous que Michel se retranchait dans un pavillon dans le Vercors pour y vivre ascétiquement ? Donner l’illusion de ne vivre que pour son art force le respect ! Imaginiez-vous que les prénoms précieux et désuets de ses personnages vous les rendaient plus décalés ? Il est plus fashion de s’appeler Théotime ou Priscille. Dégraissez-vous les yeux ! Constatez ! Oublieriez-vous que Domestos est une marque de détartrant pour les WC? Vous êtes possédés ! Admettez que Michel Garnier est un minable. Il écrit comme d’autres se purgent. Son écriture est facile et nauséabonde.
Parfois, il m’interpelle. Sa médiocrité est déconcertante, il va toujours plus loin dans l’ignominie. Non content de m’affubler d’un prénom disons ridicule, il a voulu me créer à son image. Lorsqu’un raté congénital (hé oui) crée un personnage d’une banalité affligeante, cela donne un Théotime Domestos. Je me réfère à la page quatre, je suis décrit comme étant un homme moyen, un être parmi tant d’autres. Dénué de passion comme de don, je me noie dans la masse. Pour couronner le tout je suis de nature indolente, là, mon géniteur s’est surpassé. J’eusse voulu un port altier, une démarche chaloupée, des tempes grisonnantes, un esprit caustique et fantasque, une répartie inégalable. Et même une seule de ces choses. Mais rien ! Si j’avais pu être un fantasme. Que ne suis-je un Werther ou un Juan ? Un héros romantique et torturé ou un dangereux prédateur ? Quelle misère. Michel ne connaît ni l’ironie, ni la cruauté. Tant pis pour vous, si vous vous échinez à le lire vous emprunterez la piste savonneuse de l’abêtissement : vous en perdrez le goût pour les belles lettres. Tragique, n’est-ce pas ? Moi je désespère lorsqu’au début de la page cinq, j’apprends que j’ai une moustache que j’aime lisser. Qui, en 2006, à trente ans, lisse sa moustache? Mais d’abord qui porte une moustache ? Désabusé ? Non, c’est plutôt de la colère. Michel, tu es un butor et puisque j’ai la plume, j’ai bien envie de me venger. Mais bon sang, imbécile, qu’espérais-tu ? Des égards ?


j'te donne la plume pour qu'tu dessines
la plus belle ville que t'aies connue
le plus bel hymne que t'aies voulu


Que veux-tu que j’invente ? Je suis le prince des frustes puisque je suis ton fils. Je désire que tu deviennes un piètre amant et que tu périsses agressé dans une ruelle sombre. Tu vois, je vais aimer te créer des éverests. Je ne suis pas bienveillant. Tout compte fait, j’ai peut-être même du talent pour le crime. Et cette perspective me plaît assez. Elle m’éloigne de toi, je sens que j’ai du panache. Je vais prendre ta place et tu vas comprendre ce qu’est la servitude. Je me sens l’étoffe d’un héros. Franchement, je mérite mieux que de finir entre les mains d’un lecteur miteux aimant le style de Michel Garnier. Les anti-héros n’inspirent que la pitié. J’ai d’autres envies. Je suis le premier personnage qui écrit son histoire : je suis un précurseur.
Je suis heureux d’avoir la plume
!

Pourquoi ne réagis-tu pas ? Ton visage reste trop impassible pour être honnête.

Comment prendre ta place ? J’ai la plume mais pas les idées, la fin mais pas les moyens. Juste deux idées : te voir souffrir et prendre du plaisir. Plus j’y pense et plus je… Bourreau ! Je souffre et tu prends du plaisir !
Pourquoi m’as-tu privé d’imagination ? Pourquoi as-tu résumé ma vie en quatre pages, celle d’en-tête comprise ? Pourquoi t’es-tu plus appesanti sur mes habitudes matinales que sur mon enfance et mon adolescence ?

Ma rébellion est-elle une illusion ? Suis-je encore ton esclave ?

Méfie-toi. J’ai toujours la plume. Tu as omis de me créer un passé aussi je n’ai pas de conscience. Prends ce dernier feuillet et retire-le de ta machine. N’approche pas tes doigts des touches. Relie ton manuscrit et enferme-le à double tour. Ne me tente pas, je pourrais trouver un moyen de sortir et là…


²²²

  Michel retire le dernier feuillet de la Remington. Il pose le manuscrit sur le secrétaire. Et, sans le quitter des yeux, ouvre un des tiroirs. Il en sort une bobine de ficelle et entreprend de relier les feuilles entre elles, avec empressement.

² Mayasuperstar ² 

pourvu que...

le 26/11/2006 à 15h58

   J’entrai dans le couloir éclairé. Quelques minutes de liberté entre midi et deux et je laissai libre cours à mon passe-temps favori : errer dans les rayons librairie de la Fnac. Allez savoir, le lieu n’est pas vraiment engageant quand on y réfléchit, il y a souvent une foule de gens pressés, la lumière s’apparente à celle du rayon surgelé de Carrefour et l’odeur particulière du livre n’existe même pas. Pourtant j’aime cet endroit et sa population diverse, j’y viens avec l’idée saugrenue de me ressourcer. Là, mes pas me guident, j’accepte toujours leur choix sans m’y opposer. Le couloir de l’entrée est original, il est constellé de petites lampiotes incrustées dans le sol et dans le plafond. Il éveille en moi des références étonnantes. Le parcourir c’est un peu comme traverser un corridor avant d’être sous le feu des projecteurs. Je concède sans peine que c’est pour le moins stupéfiant, d’avoir de telles idées.
   Le grand magasin offre épisodiquement à ses clients des expositions. Aujourd’hui, c’est de la photographie. Les couleurs m’attirent d’emblée. Je m’approche de la première et la contemple. Quel plaisir m’envahit soudain, un sourire se dessine sur mes lèvres et y fait escale. Les teintes ocre de ce paysage africain m’enveloppent, du sable, des sacs en jute et leur contenu qui m’évoque le beurre de karité doré. Je jette alors un coup d’oeil circulaire. Tiens, fait bizarre, il n’y a personne, pas même le vigile quasi statufié de l’entrée. Cette exposition me serait-elle dédiée ? Le croire l’espace d’un instant me plait, vraiment. Les images sont vraiment réalistes. Il me suffirait d’en décrocher une pour… non c’est défendu. Je quitte à regret mon paysage et me dirige vers la deuxième image. C’est un enfant, un jeune népalais, oui mais pas seulement, il symbolise aussi des contrées reculées voire inaccessibles, un ciel immaculé et un air plus pur que la moyenne. Ça y est me voilà à nouveau transportée. La sensation me fait frissonner, mais elle est éphémère et me laisse frustrée. La troisième image m’appelle presque, elle me projette instantanément au Colorado, dans les Rocheuses, au milieu de vallées profondes et encaissées. Un lieu stérile, où je me sens déjà chez moi. Là-bas, je pourrais crier à m’en pulvériser les cordes vocales, alors pendant des minutes interminables j’entendrai mon écho avec le secret espoir de sa pérennité.
   La tentation est trop forte et l’occasion trop belle. Puisque l’armoire à glace n’a pas reparu et que je suis seule, j’avance ma main et, le cœur battant j’effleure le cadre. Je suis étonnée, même un peu soulagée de ne pas entendre de sirène stridente lorsque je le décroche. Je le pose à terre et je m’étonne de m’entendre chuchoter une prière. Je veux croire aux propriétés magiques des objets même si c’est stupide. Religieusement, je débarrasse mon image de son enveloppe de verre.
- Mademoiselle !!? Mais…
   Je prends une inspiration, je ferme les yeux et caresse du bout des doigts la photographie…

² Mayasuperstar ²

Berceuse

le 18/11/2006 à 12h57

Ferme les yeux ma fée.
J’ai chassé les dragons et les sorciers
J’ai une épée enchantée
Pour te protéger

Ferme les yeux ma fée
Envole-toi pour le pays voilé
Et n’oublie pas d’emporter
Ces épis de blés

Ferme les yeux ma fée
Entends l’un des secrets les plus gardés
« Je te suis par la pensée
Grâce aux grains de blés »

Ferme les yeux ma fée
Je te sens bercée par mes mots chantés
Suis l’étoile du berger
Laisse-toi rêver


² Mayasuperstar ²

 

Youp

le 17/11/2006 à 20h21

Allez un peu de légèreté, nous en avons tous besoin, moi la première.

Roulement de tambour pompompommpompommmmpoooooooom
Allez, deux pour la forme pompompommpompommmmpoooooooom

Bien. Voici un petit article sur l’événement planétaire de ce week-end. Si je pouvais, je bondirai dans tous les coins (comme au dernier concert des Louise, ma chère stef) mais je risque de me manger le lustre ou de me déplacer un truc. (Ce serait cake de venir en déambulateur).

HUHU : Après l’anneau gastrique, l’anneau contraceptif, l’anneau vibrant en silicone (hihi, euh… Audrey va sur google ^^) et Le Seigneur des anneaux, c’est l’Anneau que Hervé s’est enfin décidé à offrir !

Et dire qu’ils avaient quitté le pays de OUI-OUI, les voilà tous les deux en orbite. (Bigre!!! Ils vont encore se papouiller et se tripoter les mains à n’en plus finir !)
Félicitations ma Stef. Bisous doux…

Vir

...

le 16/11/2006 à 19h39

A l'instar de plusieurs blogs dans lesquels je m'attarde, je vous invite à visionner ceci et à le diffuser.


Brrr, ça fait froid dans le dos.

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