Quelques nouvelles : en vacances, il fait beau et chaud. Je ne fais rien et j’aime ça. Connexions illicites et souvent improbables… mais toujours un vieux crayon à portée de main. ;)
A bientôt,
mspst
***
« Voilà le deal.
- Je vois.
- Tu n’es pas obligé de l’accepter mais si tu insistes pour y aller, c’est ce par quoi tu devras passer.
- J’ai bien compris. J’accepte.
- Tu as du courage. C’est bien. Ferme les yeux et compte à rebours à partir de dix. »
Jules est un jeune adulte de vingt-sept ans. Il est charmant, agréable à vivre et plutôt bien mis. Les filles et les femmes l’ont toujours beaucoup apprécié et il sait le leur rendre. Il ne rentre jamais seul chez lui et ce depuis dix ans, date à laquelle il a décidé de prendre un appartement. Le premier soir d’autonomie, hors du nid maternel a été terrible, seul avec le chat, il a fixé le réveil à quartz toute la nuit. Une bonne quinzaine de fois, il a lutté contre l’envie de prendre son sac pour rejoindre sa chambre d’adolescent à vingt-cinq kilomètres de là. Sa mère l’aurait accueilli une larme naissante au coin de l’œil mais son père, lui, aurait ironisé et ce dans le meilleur des cas. C’est pour s’épargner le tête-à-tête humiliant qu’il a tenu bon. Le lendemain, le jeune homme a trouvé un bon compromis, il a simplement pris son déjeuner chez sa maman puis il a ramené une copine : elle a ouvert le bal.
Non, Jules n’est pas un homme à femmes et se défend de l’être ; c’est un gourmet. Il aime simplement les débusquer, les effeuiller, puis les déguster, un peu comme avec Les Célébrations sauf que parfois, il tombe sur le bon vieux MilkyWay – juste infect et laiteux - et meurt d’envie de le jeter. Ce qu’il fait sans trop d’embarras. Au milieu des femmes d’un soir il y a eu aussi Tania, Sarah et Barbara, avec qui il a fait un bout de chemin, l’une chassant l’autre. Puis un jour, il y a six ans est arrivée Sam, juste indescriptible, suffisamment spontanée et naturelle pour donner au jeune séducteur l’envie de s’engager et de promettre.
Très vite, le tourbillon l'emporte, il le laisse faire juste ému : devenir père rapidement, rire et pleurer parfois, s’essouffler un peu, se lasser soudain, s’enfuir vite, soupeser une fois une seule et regretter éternellement. Puis, le typhon devient siphon de lavabo. Le mouvement est aussi circulaire mais la métaphore est moins glamour, sa vie nauséabonde tourne et lui donne la nausée. Le regret, ce truc collant et misérable qui s’accroche, avec les années occupe une place importante, il s’étire même parfois mais Jules sait contrecarrer les souvenirs qui le blessent, il les camoufle derrière un boulot envahissant, une joie de vivre trompeuse, un sourire communicatif et des femmes toujours plus nombreuses qui partagent son lit. Mais il n’est pas rempli lui. Désormais sa vie et son cœur refusent d’être morcelés, ils sont d’un tenant, solidement enchaînés par ses soins et il est le seul à en détenir les clefs.
Beaucoup se seraient contentés de cette vie finalement. Des regrets qui n’en dissimule pas ? Nombreux sont ceux qui clament haut et fort leur ni remords, ni regrets, telle une devise : ils mentent. Jules le croit, un jour il s’emploie à faire table rase et à changer l’ordre des choses parce qu’il n’est pas de ce bois-là. En effet, il n’est plus de ceux qui taisent et laissent le temps s’écouler comme le sable entre les doigts. Il vire les blondes, les rousses et les brunes qui constellent son quotidien, il travaille moins et met entre parenthèses ses priorités futiles et anciennes. Il rétablit le contact avec son père et s’en félicite ; il s’enivre du regard caressant de sa mère qui aime sa maturité et son nouvel entrain pour être bien. Revigoré, le voilà qu’il met tout en œuvre pour partager à nouveau les jeunes années de son fils et passer des après-midi entiers à jouer au ballon, à se laisser envahir par les rires de pleine gorge, à boire de la grenadine à l’eau pour avoir droit lui aussi à une moustache. Mais surtout c’est la paix avec Sam, celle qui aurait pu être Celle, celle qui aurait dû l’être, il ose enfin la prendre dans ses bras pour la remercier et s’excuser tout bas. Il accepte ses sentiments et ses sensations et s’ouvre un peu plus ne laissant pas la jeune femme indifférente.
Trois mois tout ronds pour reprendre sa vie en main, pour lui infliger sans lui demander son avis le quart de tour nécessaire qui donne du sens. Seulement quatre-vingt-dix jours pour mettre ses tripes à l’air, pour concrétiser des projets et réussir. Une poignée d’heures en fait pour retrouver le goût de vivre, pour ouvrir le domaine du possible. Quelques minutes pour en profiter pleinement, pour sentir combien c’est bon de tenir entre ses mains tout ce qui fait qu’on est bien, comprendre que la plénitude n’est pas le but à atteindre mais le chemin emprunté…
Une seconde au final pour voir tout partir en fumée. Elle est là la grande misère de la vie. La félicité fait place à la mort injuste, injustifiée, injustifiable. Jules meurt, fauché par une voiture en allant chercher du pain. Banalité stupide et pathétique.
***
« Quel est le deal ?
- Tu choisis d’oublier le moment de ta mort et tu acceptes de vivre dans l’angoisse de celle-ci. Les derniers jours la précédant, tu mettras tout en œuvre pour saisir tout ce qui t’a toujours échappé. Tu reviendras à l’essentiel et tu deviendras clairvoyant.
- Pourquoi la date est-elle si floue. Elle change tout le temps ?
- Est-ce important ?
- Le jeu est un peu cruel, non ?
- Juste ironique. »

Commentaires
Page 1 2
quelque part par là, j...
Par isie le 29/07/2008 à 09h11
mmmmhhhh je pourrais effectivement dire ça, mais au fond de toi même, tu connais la vérité... alors quoi que je dise, ça ne changerait rien
quelque part par là, j...
Par isie le 28/07/2008 à 19h07
han, ok, si tu veux, j'te fais une amende honorable
Par OoEvenstaroO le 26/07/2008 à 23h04
Coucou ^^ moi zaussi je suis zen vacances, je ne fais rien et j'aime ça.
BiZzzZz
(et désolée d'être aussi peu ponctuelle...)
quelque part par là, j...
Par isie le 24/07/2008 à 22h31
on a deja essayé d'arrêter de se parler; ça a duré 10 secondes à tout casser ^^

Allez, j'te laisse etre dictateur de toi même jusqu'à demain
quelque part par là, j...
Par isie le 24/07/2008 à 20h00
Voir le lien

tu devrais avoir honte de toi.
Et puis tu me prouve encore et toujours que together it's better
quelque part par là, j...
Par isie le 24/07/2008 à 16h35
Superman? elle dit qu'elle voit pas le rapport
Par syrielle le 22/07/2008 à 19h52
J'aime bien ce deal, il te fais comprendre toute l'importance que peut être la vie...
Toucher du doigt juste un instant ce frisson pour donner du sens...
Pour enfin savoir...
Bzzzzzzzzzz
quelque part par là, j...
Par isie le 22/07/2008 à 19h05
meuh non, promis, je laisse ton cou tranquille
quelque part par là, j...
Par isie le 22/07/2008 à 17h36
terrible le smiley
au-dessus des nuages
Par mayasuperstar le 22/07/2008 à 17h21
- La paix Barbouille, tu caches mon soleil.
- Qt à mon avis sur la question, je crois que vous le connaissez déjà...
Page 1 2
Ajouter un commentaire